L’habillement des femmes en Rdc, serait-ce la cause des viols?

En RDC de nombreux hommes pensent que  l’habillement sexy des femmes est le catalyseur qui conduit aux viols.

 

Une courte robe avec une large fente ouverte à l’arrière, un court body qui exhibe le nombril, une mino-culotte qui expose les cuisses ou un décolleté plongeant qui laisse à découvert les seins d’une femme… L’habillement  »sexy » d’une femme peut-il autant nourrir l’appétit sexuel des hommes, au point de les pousser à commettre un viol?

 

A Kinshasa, plus d’un de jeunes en est convaincu.

Certains parmi eux affirment que ce sont les hommes qui sont violés en premier à la vue de l’accoutrement des femmes.

 

Croire cela renverrai-t-il pas  à dire  »comme les filles s’habillent  »mal », nous avons le droit de les violer »? Cela est une représentation inacceptable quand on sait que ni l’âge ni l’habillement ne sont déclencheurs des viols et violences sexuelles de tous genres dont sont victimes les femmes en RDC. Sinon comment expliquer les viols des femmes de plus de soixante ans par des hommes de plusieurs décennies de moins qu’elles? Quel argument défendre quand des enfants de moins de cinq ans sont abusées sexuellement par des adultes, tant des civiles que des militaires.  Comment justifier le viol d’une fidèle par son pasteur ou son curé de paroisse; ou encore le viol consanguin d’un frère sur sa sœur, d’un oncle sur sa nièce ou encore le viol d’un époux sur sa propre épouse.

 

Le viol et abus sexuels de tout genre ne tirent donc pas leur origine dans l’accoutrement des femmes.

Le problème serait dans l’homme, dans sa conception ce qu’est la femme à ses yeux, de la place et du rôle de cette dernière au sein de la société.

C’est ainsi que le psychologue, clinicien et sexologue Congolais Jean Lumbala, auteur du livre  »La vie sexuelle des Congolais », affirme que 60% de ses patientes le consultent parce qu’elles ont été victimes de violences sexuelles. L’expert ne pense pas, lui non plus, que l’habillement est ce qui provoque le viol. C’est plutôt  »le regard de l’homme qui est perverti par l’habillement de la femme. C’est l’homme qui doit se surpasser, de ne pas considérer la femme en face de lui comme un objet sexuel », argumente-t-il.

Il poursuit en affirmant que les violeurs sont des malades. En dehors de la peine qui leur est infligée, il faut les accompagner de manière à soigner leur pathologie mentale, car la plupart d’entre eux récidivent après être sortis de prison, parfois pour agresser leurs victimes ».

C’est ainsi qu’en plus des considérations culturelles au sujet de la femme Congolaise, il faut commencer à regarder cela aussi sous l’angle de santé mentale des hommes.

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